Quelques idées de lectures

Bon. Cela fait deux ans que ce blog est inactif. Le moment est venu de le ressusciter !

Hé oui, Samantha est fort prise par son travail et moi, j’ai fabriqué un petit être humain. Avons-nous pour autant délaissé la lecture et Netflix ? Que nenni, mes amis, que nenni. Il n’y a que vous, fidèles lecteurs, que nous avons délaissés. Oui, nous avons honte.

Bref. Depuis la naissance du bébé-Poulpe, j’ai pu me replonger pas mal dans la lecture. Voici mes trois coups de cœur 2018, qui m’ont fait sortir de mes vieux classiques français :

Alessandro Baricco – Soie
Une écriture aussi légère que de la soie, une histoire qui ressemble à un rêve. Le thème est original dès le départ, puisque Baricco nous conte la vie d’un marchand de vers à soie qui voyage entre la France et le Japon. Le roman est court, poétique, surréaliste. Il se vit comme un joli rêve. De quoi passer une très agréable soirée.

Victoire de Changy – Une dose de douleur nécessaire
J’ai été charmée par l’histoire (une relation secrète et adultère) et l’écriture de ce roman, acheté à la base pour soutenir ma copine et par curiosité. Abstrait et pourtant très immersif, il ne m’a pas laissée tout à fait indemne tant les sentiments de l’héroïne étaient tangibles. Le prochain livre de Victoire sort en janvier : j’ai hâte !

Marcel Mariën – Les fantômes du château de cartes
Je cherchais ce livre depuis six ans. Quel malheur qu’il ne soit plus édité ! Ce recueil de nouvelles, écrit par un belge surréaliste dans les années 80,  est une pépite. L’écriture est parfaite, les histoires sont originales, drôles, farfelues, impertinentes, parfois même carrément indécentes. Un livre écrit avec savoir, qui se déguste sans sagesse.

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Et vous, quels sont vos coups de cœur du moment ?

 

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Romain Sardou – America

Fin du XVIIe siècle, la colonisation des Amériques est déjà bien entamée par les différentes grandes puissances de l’Europe (France, Espagne, Pays-Bas) et l’Angleterre persécute les catholiques irlandais. C’est sur cette trame historique réelle que Romain Sardou place une rivalité destructrice entre deux familles : les Muir, et les Bateman.

Auteur discret, j’aime beaucoup sa capacité à écrire des romans accessibles et passionnants dans des genres complètements différents (contes de Noël, thrillers, polars médiévaux, science fiction, etc.). De plus, on sent qu’il s’est très bien documenté (avec une bibliographie en fin de livre) et certains passages romancés semblent véridiques. Ne connaissant pas du tout cette période de l’Histoire, je me suis laissé embarquer par le style fluide et agréable de Romain Sardou.

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1691. Un bateau fuit les côtes de l’Irlande tombée aux mains des Anglais ; à son bord, Harry et Lilly Bateman. Lui, fils de prostituée, elle, enfant illégitime d’une famille noble, mariés contre leur gré, ils embarquent vers une terre inconnue : l’Amérique. À peine sortis de l’adolescence, ils se connaissent peu, ils ne savent pas où ils vont : tout leur reste à construire. En parallèle, à Londres, Augustus Muir est le gendre allemand d’une riche famille de marchands britanniques. Méprisé par son beau-père, il manœuvre dans l’ombre pour récolter la fortune et les honneurs … à n’importe quel prix. Les Bateman et les Muir n’étaient pas fait pour se re-rencontrer et pourtant … Leurs destins sont étroitement liés et chacune des générations descendantes va se vouer une haine infinie …

Contrairement au résumé qu’on peut lire sur la quatrième de couverture, le livre ne se concentre par uniquement sur Harry et Lilly Bateman : en effet, même si le récit débute avec eux, ils ne sont pas les seuls personnages auxquels on s’intéresse. On découvre des petits bouts de vie, a priori sans lien, mais qui finissent par s’entremêler. Plusieurs histoires se déroulent en parallèle, sur les deux continents, on n’a pas le temps de s’ennuyer !

En parlant des personnages, j’ai adoré le fait qu’ils ne soient jamais complètement gentils ou méchants. On choisit son camp, on change d’avis, on s’interroge, on re-soutient notre premier choix, etc. Ils ont tous leurs faiblesses et leurs bons cotés (enfin pas tous :p).
91CPeEjetjL1733. Un homme part à l aventure, un autre rentre chez lui. Sans dévoiler l’intrigue, le récit se concentre ici sur Charles Bateman, pirate irlandais redouté par la Couronne et Philip Muir, premier colon de la nouvelle colonie anglaise, la Georgie.  Philip débarque sur une terre sauvage et inhabitée ; Charles rentre dans une ville infestée d ennemis et de mauvais souvenirs. Philip désire créer un monde plus juste ; Charles veut anéantir le monde existant. Les deux hommes ne se connaissent pas, mais leur destin est déjà étroitement lié puisque Philip est le bâtard d’Augustus Muir, célèbre marchand à qui Charles avait dérobé l’un de ses plus beaux bateaux, le Rappahannock. Des routes qui ne feront que de se croiser, entraînant les deux familles et leurs héritiers à se vouer une haine sur fond de guerre d’Indépendance.

Dans ce second tome, Romain Sardou introduit un élément qui sera capital dans l’ascension – et la chute – des deux hommes : les femmes (hé ouais !).

Les deux tomes de la saga America peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre selon l’auteur mais je pense que pour bien comprendre la complexité des relations entre les multiples personnages, il est plus intéressant de les lire dans l’ordre. Ne faites pas vos rebelles littéraires !

America compte actuellement deux tomes mais apparemment, elle était prévue pour être une trilogie. Malgré la fin assez spéciale du deuxième récit, on pourrait s’attendre que la saga s’arrête là … Mais America pourrait également être une histoire sans fin : on pourrait continuer à suivre les générations de Bateman et de Muir pendant des siècles:)

Ma note : 8/10

Miss Wequin

Stephen King – Marche ou crève

Cela faisait un bon moment que j’avais abandonné mes livres n’ayant plus le temps ni même l’envie de lire (hérésie totale !) … Pour me relancer dans le droit chemin, rien ne vaut un petit Stephen King, un de mes auteurs préféré. J’ai choisi Marche ou crève car ça faisait longtemps qu’il me faisait de l’œil.

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« La Longue Marche » : cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, qui abandonnent, qui ne peuvent tenir la cadence de 6,5 km/h, une balle dans la tête. Une émission de télévision très populaire dont le gagnant aura, pour prix de son exploit, la possibilité de posséder tout ce qu’il désire pendant le restant de ses jours, s’il désire encore quelque chose après ça …

Le principe du concours est donc simple : marche ou crève. Si les participants deviennent trop lents, ils reçoivent un avertissement et au bout de trois, ils sont “éliminés” du jeu … tués par des soldats sous les yeux de la foule rassemblée au bord de la route. Il n’y a donc qu’un seul gagnant : celui qui marchera le plus longtemps.

On suit l’histoire selon le point de vue de Ray Garraty, un jeune garçon de seize ans. Tout comme lui, on se laisse embarquer dans cette aventure malsaine, kilomètre après kilomètre, page après page. On ressent avec lui la fatigue, la faim, la soif, la peur et le désespoir. Au fil des pages, on fait sa connaissance et celle de ses concurrents qui deviennent malgré tout des compagnons de route …

« Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais c’est allé plus vite une fois que j’ai surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c’est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n’est pas une question de force physique, et c’est là que je me suis trompé en m’engageant . Si c’était ça, nous aurions tous une bonne chance. »
McVries, concurrent n°61.

Voila la terrible définition de cette “Longue Marche” à laquelle ces cent garçons participent … Le thème abordé a été remis à la mode avec la trilogie Hunger Games (bon évidemment, entre les deux, y a un monde de différence hein). D’ailleurs une citation tirée du roman de King résume parfaitement l’esprit des deux récits : « L’ultime jeu serait celui où le concurrent perdant est tué » (Chuck Barris, créateur de jeux télévisés, animateur de The Going Show).

Avec Marche ou crève, King propose une histoire dure et violente qui nous interroge sur les dérives de la télé-réalité et sur le voyeurisme sadique du spectateur. Malgré la situation malsaine, on est fasciné par ce que qui se déroule au fil des pages. Comble de l’horreur, les personnages n’ont aucune raison de faire cette marche : quel prix vaut le coup de marcher sans s’arrêter, sans dormir, sous la menace des armes, pendant des centaines de kilomètres ?

Je pense que ce roman est à conseiller à tout le monde, même à ceux qui n’aiment pas l’auteur. En effet, il s’agit d’un récit court, qui ne fait pas peur et où le gore n’est pas présent à chaque coin de page.  Enfin quoique … c’est pas le monde des bisounours non plus mais on n’est loin de l’angoissant  Shining 😉

Le roman se dévore et il est quasiment impossible de le lâcher avant la fin : j’ai adoré ! On est entraîné dans la marche, obligé de marcher avec les garçons et de finalement reconnaître le talent de King puisqu’on ne s’ennuie pas une seconde ! Il a quand même la capacité de nous maintenir en haleine avec pour seule idée une histoire de types qui marchent … Malgré un environnement large, les garçons traversent les campagnes américaines et leurs villages (flippants), on assiste à un véritable huis clos sur la route.

Ma note : 8/10

Et vous, qu’en avez vous pensé ?

Miss Wequin