Quelques idées de lectures

Bon. Cela fait deux ans que ce blog est inactif. Le moment est venu de le ressusciter !

Hé oui, Samantha est fort prise par son travail et moi, j’ai fabriqué un petit être humain. Avons-nous pour autant délaissé la lecture et Netflix ? Que nenni, mes amis, que nenni. Il n’y a que vous, fidèles lecteurs, que nous avons délaissés. Oui, nous avons honte.

Bref. Depuis la naissance du bébé-Poulpe, j’ai pu me replonger pas mal dans la lecture. Voici mes trois coups de cœur 2018, qui m’ont fait sortir de mes vieux classiques français :

Alessandro Baricco – Soie
Une écriture aussi légère que de la soie, une histoire qui ressemble à un rêve. Le thème est original dès le départ, puisque Baricco nous conte la vie d’un marchand de vers à soie qui voyage entre la France et le Japon. Le roman est court, poétique, surréaliste. Il se vit comme un joli rêve. De quoi passer une très agréable soirée.

Victoire de Changy – Une dose de douleur nécessaire
J’ai été charmée par l’histoire (une relation secrète et adultère) et l’écriture de ce roman, acheté à la base pour soutenir ma copine et par curiosité. Abstrait et pourtant très immersif, il ne m’a pas laissée tout à fait indemne tant les sentiments de l’héroïne étaient tangibles. Le prochain livre de Victoire sort en janvier : j’ai hâte !

Marcel Mariën – Les fantômes du château de cartes
Je cherchais ce livre depuis six ans. Quel malheur qu’il ne soit plus édité ! Ce recueil de nouvelles, écrit par un belge surréaliste dans les années 80,  est une pépite. L’écriture est parfaite, les histoires sont originales, drôles, farfelues, impertinentes, parfois même carrément indécentes. Un livre écrit avec savoir, qui se déguste sans sagesse.

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Et vous, quels sont vos coups de cœur du moment ?

 

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Harry Potter and the Cursed Child

Le 1er août, j’ai couru, sauté, volé au Waterstones d’Oxford pour récupérer mon exemplaire pré-commandé de Harry Potter and the Cursed Child. Voici, avec un peu de retard, mon humble avis sur ce huitième opus, garanti spoil-free.

Résumé
Dix-neuf année se sont écoulées depuis que Harry et sa joyeuse troupe ont vaincu Voldemort. Marié à Ginny, père de trois enfants, il rejoint Ron et Hermione sur le quai 9 3/4 pour que leurs enfants respectifs prennent la direction de Poudlard. Albus (fils de Ginry) et Rose (fille de Ronione) entrent en première année dans le célèbre établissement…

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(Pinterest – VividEditions)

Ce que je n’ai pas aimé
Durant tout le livre, j’ai eu cette impression que l’histoire était trop rapide, peu crédible, pas assez fouillée, un peu naïve voire carrément prévisible. Je n’évoquerai même pas les paradoxes temporels qui jonchent le livre. Évidemment, on ne peut pas demander à une pièce d’avoir la richesse et le développement d’un bouquin de 800 pages.
Pourtant, peut-on vraiment remettre ces défauts sur le dos du genre du théâtre ? J’aurais tendance à dire que non. J’ai été souvent amenée à lire le théâtre, grâce à mes études ou pour le plaisir, pourtant j’ai rarement éprouvé un tel sentiment de « survol » dans une trame. En outre, il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre, mais bien de deux. Comment est-ce qu’en deux pièces, les auteurs n’ont pas su apporter plus de profondeur aux personnage et au scénario ? Que font de plus les grands auteurs de théâtre pour produire des personnages comme Hamlet, Lucrèce Borgia, Alceste, Bérénice ? Que leur a-t-il manqué ? Évidemment, je ne m’attendais pas à retrouver dans ce livre la qualité d’un classique, mais je ne peux m’empêcher de me poser la question.

Ce que j’ai aimé
L’histoire est tout de même super rigolote. On se prend au jeu, on a envie de savoir comment les personnages vont se dépêtrer de la situation mise en place. J’ai beaucoup apprécié le mystère du titre : comme beaucoup d’enfants sont mis en scène, on se demande qui est l’enfant maudit évoqué. Oui, comme je l’ai dit plus haut, c’est naïf. Oui, c’est peu fouillé. Mais après tout, les premiers tomes de Harry Potter sont remplis de maladresses, ils sont légers, et c’est ça qu’on aime.  Soyons claire : cette histoire est dispensable, n’apporte rien à la trame précédente. Et c’est bien, puisque ce faisant, elle ne lui enlève rien, ne lui gâche rien. Je n’ai pas boudé mon plaisir, j’ai apprécié cette lecture qui m’a, l’espace de quelques heures, replongée dans mon enfance (même si je ne l’ai jamais vraiment quittée).

Harry-Potter-and-the-Cursed-Child-artwork

Est-ce que je recommande ce titre ? Si vous aimez la saga Harry Potter, assurément. En anglais, de préférence, il est simplissime*. Par contre, si vous n’avez jamais lu les tomes précédents, passez votre chemin…

Mon verdict : 7/10

Aestra

*Voici la première page, afin que vous puissiez juger par vous-même :
«ALBUS
Dad. He keeps saying it.
HARRY
James, give it a rest.
JAMES
I only said he might be a Slytherin. And he might, so… (off his dad’s glare) fine.
ALBUS
You’ll write to me, won’t you ?
GINNY
Every day if you want us to.
ALBUS
No. Not every day. James says most people only get letters from home about once a month. I don’t want to…»

Stephen King – Marche ou crève

Cela faisait un bon moment que j’avais abandonné mes livres n’ayant plus le temps ni même l’envie de lire (hérésie totale !) … Pour me relancer dans le droit chemin, rien ne vaut un petit Stephen King, un de mes auteurs préféré. J’ai choisi Marche ou crève car ça faisait longtemps qu’il me faisait de l’œil.

Marche_ou_creve

« La Longue Marche » : cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, qui abandonnent, qui ne peuvent tenir la cadence de 6,5 km/h, une balle dans la tête. Une émission de télévision très populaire dont le gagnant aura, pour prix de son exploit, la possibilité de posséder tout ce qu’il désire pendant le restant de ses jours, s’il désire encore quelque chose après ça …

Le principe du concours est donc simple : marche ou crève. Si les participants deviennent trop lents, ils reçoivent un avertissement et au bout de trois, ils sont “éliminés” du jeu … tués par des soldats sous les yeux de la foule rassemblée au bord de la route. Il n’y a donc qu’un seul gagnant : celui qui marchera le plus longtemps.

On suit l’histoire selon le point de vue de Ray Garraty, un jeune garçon de seize ans. Tout comme lui, on se laisse embarquer dans cette aventure malsaine, kilomètre après kilomètre, page après page. On ressent avec lui la fatigue, la faim, la soif, la peur et le désespoir. Au fil des pages, on fait sa connaissance et celle de ses concurrents qui deviennent malgré tout des compagnons de route …

« Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais c’est allé plus vite une fois que j’ai surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c’est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n’est pas une question de force physique, et c’est là que je me suis trompé en m’engageant . Si c’était ça, nous aurions tous une bonne chance. »
McVries, concurrent n°61.

Voila la terrible définition de cette “Longue Marche” à laquelle ces cent garçons participent … Le thème abordé a été remis à la mode avec la trilogie Hunger Games (bon évidemment, entre les deux, y a un monde de différence hein). D’ailleurs une citation tirée du roman de King résume parfaitement l’esprit des deux récits : « L’ultime jeu serait celui où le concurrent perdant est tué » (Chuck Barris, créateur de jeux télévisés, animateur de The Going Show).

Avec Marche ou crève, King propose une histoire dure et violente qui nous interroge sur les dérives de la télé-réalité et sur le voyeurisme sadique du spectateur. Malgré la situation malsaine, on est fasciné par ce que qui se déroule au fil des pages. Comble de l’horreur, les personnages n’ont aucune raison de faire cette marche : quel prix vaut le coup de marcher sans s’arrêter, sans dormir, sous la menace des armes, pendant des centaines de kilomètres ?

Je pense que ce roman est à conseiller à tout le monde, même à ceux qui n’aiment pas l’auteur. En effet, il s’agit d’un récit court, qui ne fait pas peur et où le gore n’est pas présent à chaque coin de page.  Enfin quoique … c’est pas le monde des bisounours non plus mais on n’est loin de l’angoissant  Shining 😉

Le roman se dévore et il est quasiment impossible de le lâcher avant la fin : j’ai adoré ! On est entraîné dans la marche, obligé de marcher avec les garçons et de finalement reconnaître le talent de King puisqu’on ne s’ennuie pas une seconde ! Il a quand même la capacité de nous maintenir en haleine avec pour seule idée une histoire de types qui marchent … Malgré un environnement large, les garçons traversent les campagnes américaines et leurs villages (flippants), on assiste à un véritable huis clos sur la route.

Ma note : 8/10

Et vous, qu’en avez vous pensé ?

Miss Wequin